Vous avez déjà regardé une carte des Côtes-d’Armor en vous disant « par où je commence ? » avant de refermer l’onglet, légèrement découragé ? C’est exactement pour ça qu’on a enfilé le cuissard. Un itinéraire vélo dans les villages des Côtes-d’Armor, c’est 80 à 120 kilomètres de granit rose, de calvaires oubliés et de crêperies qui n’ont pas de site web, reliés par des petites routes où vous ne croiserez rien de plus stressant qu’un tracteur et son conducteur qui vous fait signe de la main.
En résumé : cet itinéraire relie 6 villages emblématiques ou méconnus des Côtes-d’Armor à vélo, sur 2 à 3 jours, avec un profil accessible aux cyclistes occasionnels. Distance totale : environ 90 km, dénivelé cumulé modéré. Idéal d’avril à octobre, avec un pic de charme en mai et septembre.
L’itinéraire étape par étape : 6 villages à relier à vélo dans les Côtes-d’Armor
Le départ se fait depuis Dinan, la ville médiévale qui surplombe la Rance. On ne va pas vous mentir : les pavés du centre-ville sont traîtres avec un vélo chargé. Mais les remparts au lever du soleil, les maisons à colombages et le port en contrebas justifient largement les trois coups de pédale maladroits que vous donnerez avant de trouver votre rythme. Comptez une heure de flânerie avant de rouler.
Direction Jugon-les-Lacs, à une vingtaine de kilomètres par des petites routes bocagères. Le lac, les canards, la boulangerie sur la place, les vieilles pierres : c’est le village breton tel qu’il existe encore, sans effort de mise en scène. Une halte idéale pour le premier café de l’étape.
On continue vers Moncontour, bourg médiéval perché que beaucoup de cyclistes passent sans s’arrêter parce qu’ils n’ont pas vu le panneau. Erreur. Les maisons en encorbellement, la collégiale Saint-Mathurin et ses vitraux du XVIe siècle, et la vue depuis les remparts méritent largement les 80 mètres de dénivelé pour y grimper. Un ami breton qui roule depuis vingt ans dit que c’est le village où il emmène toujours ses invités pour leur « montrer ce que la Bretagne cache vraiment ».
Étape suivante : La Chèze, petite commune avec une tour médiévale qui tient debout par la grâce de quelques joints de mortier et beaucoup d’obstination locale. Puis cap sur Quintin, la ville aux toiles de lin, avec ses hôtels particuliers qui évoquent une aisance d’un autre siècle et une fontaine-lavoir qui ferait une parfaite carte postale si vous avez encore de la batterie sur votre téléphone.
L’itinéraire s’achève à Saint-Brieuc, avec la cathédrale Saint-Étienne et les plages du Légué à portée de roue. La ville est souvent ignorée au profit de ses voisines, mais elle réserve quelques surprises, notamment ses ruelles basses et son marché couvert.
- Dinan à Jugon-les-Lacs : 22 km, plat à ondulé, balisage EV4
- Jugon-les-Lacs à Moncontour : 28 km, une montée notable à l’approche du bourg
- Moncontour à La Chèze : 15 km, profil tranquille, petites routes
- La Chèze à Quintin : 18 km, traversée de forêts et de bocage
- Quintin à Saint-Brieuc : 20 km, descente progressive vers la côte
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Préparer son circuit : équipement, saison, dormir et manger sans se ruiner
Les routes secondaires des Côtes-d’Armor sont globalement bien entretenues, mais quelques tronçons en campagne méritent un vélo avec des pneus de 35 mm minimum. Un vélo de voyage, un gravel ou un vélo électrique conviendront parfaitement. Les puristes du carbone peuvent venir, mais ils souffriront sur les sections pavées et ils ne s’en plaindront qu’à eux-mêmes.
Équipement recommandé :
- Sacoches arrière ou bikepacking bags étanches (la Bretagne reste la Bretagne)
- Cape de pluie légère accessible rapidement, pas au fond de la sacoche
- Chambre à air de rechange et kit de réparation, les crevaisons n’attendent pas les crêperies
- Chargeur et câble pour le GPS ou le téléphone, les zones blanches existent encore
- Cash : plusieurs boulangeries et tables d’hôtes sur le parcours n’acceptent pas la carte
Meilleure saison : mai et juin pour la végétation et la lumière, septembre pour la tranquillité et les températures douces. Juillet-août reste agréable mais les hébergements se remplissent vite, surtout autour de Dinan.
Où dormir : gîtes d’étape, chambres chez l’habitant et campings municipaux jalonnent le parcours. Le camping municipal de Jugon-les-Lacs, au bord de l’eau, est l’une des meilleures étapes intermédiaires pour les campeurs et camping-caristes qui préfèrent la halte avec vue.
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Questions fréquentes sur cet itinéraire vélo dans les Côtes-d’Armor
Combien de jours faut-il pour réaliser cet itinéraire ?
Comptez 2 jours en rythme soutenu ou 3 jours si vous souhaitez visiter les villages sans courir. La plupart des cyclistes occasionnels choisissent 3 jours avec une nuit à Jugon-les-Lacs et une nuit à Quintin. Ce rythme laisse de vraies pauses culturelles et gastronomiques, ce qui est, avouons-le, la vraie raison d’être de la chose.
Quel niveau physique est nécessaire pour ce circuit ?
Accessible aux cyclistes occasionnels en bonne forme. Le dénivelé cumulé total avoisine 900 mètres sur l’ensemble du parcours, ce qui reste modéré. La montée vers Moncontour est la seule section vraiment exigeante. En vélo électrique, l’itinéraire devient confortable pour tous les profils, y compris les familles avec enfants au-delà de 10 ans.
Existe-t-il une variante adaptée aux familles avec enfants ?
Oui. La portion Dinan – Jugon-les-Lacs via la voie verte longeant la Rance constitue une étape idéale pour les familles : parcours quasi plat, voie partagée sécurisée, paysages de rivière et haltes possibles tous les 5 à 8 kilomètres. Comptez une demi-journée tranquille avec les enfants et une heure de plus si le lac de Jugon les retient.
Les Côtes-d’Armor ne sont que le début. Si ces six étapes ont allumé quelque chose, sachez que la Bretagne tout entière est faite du même tissu : des bourgs à encorbellement qui font la moue aux touristes pressés, des chapelles perdues dans les landes et des crêperies sans enseigne lumineuse qui servent les meilleures galettes du département. Explorez tous les villages et destinations à découvrir en Bretagne et laissez la carte vous surprendre un peu plus loin que prévu.
Parce qu’en Bretagne, se perdre légèrement, c’est souvent trouver le meilleur.